Rencontre avec Philippe Garric, professeur bonheur et contemporain: « Vivre notre vrai, c’est accueillir tout ce qui est vivant nous. »

Philippe Garric

Philippe Garric

La première fois que j’ai lu Philippe Garric, j’ai pensé à cette citation d’Hannah Arendt: « Les mots justes trouvés au bon moment, sont de l’action ». A l’époque j’étais tombée sur un petit livre de citations et voilà qu’aujourd’hui il publie sont premier roman initiatique. 

Philippe Garric est un caméléon, autodidacte, esthète passionné et généreux ! Il fait partie de ces auteurs hautement convaincus que les mots c’est de la magie et que la parole est comme une graine que l’on sème dans la pensée de l’homme. Si ces mots sont inspirants, alors la magie opère, sans retenue… et la transformation est possible.

Une parole libère. Elle devient un pont, une passerelle entre les différents événements de nos vies. Elle nous pousse à sortir de nos pièges, de nos répétitions, elle nous déloge de notre tendance à la victimisation… mais encore faut-il que quelqu’un suscite des échos et des résonances suffisamment profonds pour qu’ils puissent être entendus ! 

Et si Philippe Garric était le nouveau « professeur bonheur » ? Rencontre.

Interview réalisée par Armanda Dos Santos

 

1. Cher Philippe, vous venez de surprendre votre public en publiant « La Vie m’accompagne », votre premier roman, avec un style très différent de vos précédents livres. Cet ouvrage est non seulement un roman initiatique, mais aussi une œuvre littéraire de grande qualité.  Comment ce projet vous est venu et quelle a été la difficulté de l’exercice ?

Philippe Garric: Après avoir terminé le projet du troisième livre, « Comment se rendre la vie plus belle ? », est née l’envie d’écrire un roman initiatique.

L’envie était forte, mais je n’avais aucune idée de l’histoire, du sujet, et encore moins de comment peut bien s’écrire un roman, qui plus est initiatique.

Malgré l’écriture des trois précédents livres, je crois que je restais sous l’effet de cette croyance qui m’avait été inculquée à l’école, au travers de mes notes et des remarques des professeurs : « je ne suis pas fait pour écrire ».

Je suis resté plusieurs mois avec cette envie présente sans qu’absolument rien ne se passe.

Puis j’ai commencé à recevoir des petits bouts de chapitres, comme s’ils m’étaient soufflés. C’était un peu comme si je voyais les personnages vivre devant moi.

Ce phénomène s’est amplifié jusqu’à m’empêcher de m’endormir le soir ou me réveiller de « bon heure » le matin.

Pour me libérer l’esprit, j’ai commencé à prendre des notes sur ces pensées et ces images qui m’habitaient.

J’ai mis du temps à passer à l’action convaincu que je ne savais pas écrire un roman.

Et puis un jour, n’y tenant plus, je me suis assis dans mon canapé avec mon ordinateur sur les genoux et j’ai commencé à taper le premier chapitre.

Je l’ai fait lire un ami qui m’a dit: « J’ai très envie de savoir ce qui va arriver à Hippolyte ». Je me suis mis à écrire alors cinq à six heures par jour.

Ce qui m’a surpris, c’est que les chapitres sont arrivés dans le désordre ! Et en un mois, le roman était achevé.

Ce qui me fait sourire aujourd’hui, c’est que je me demande bien comment écrire un deuxième roman initiatique.

 

Chaque Être humain est parfait pour accomplir ce qu’il a à accomplir maintenant.

2. Beaucoup (trop?) de livres sont dédiés à la spiritualité, et je dirais peut-être même à la « transcendance ». En tant qu‘accompagnant et auteur, on ressent beaucoup de bienveillance, de courtoisie et de bonté dans votre approche de « remettre l’humain au centre ». Pourrait-on dire que l’Être humain est inachevé ?

Philippe Garric: Vaste question et bon sujet pour le prochain bac de philo !

Je crois que l’Être humain est un pèlerin perpétuel en quête de sa propre lumière, son essence. L’histoire nous a montré différents stades de cette quête.

Il y a fort longtemps, les Hommes étaient poussés par un instinct grégaire à suivre un leader qui leur disait quoi croire et comment penser.

Le stade suivant a consisté en une individualisation qui nous a amenés à penser par nous-mêmes et malheureusement, à ne penser parfois qu’à nous.

En entrant dans l’ère du Verseau, l’Être humain apprend à devenir un « individuniversel« , un Être disposant d’une individualité de conscience en lien avec une communauté d’âme. Il tend à vivre dans le vrai et à nourrir de justes relations.

Nous en sommes aux prémices, de nombreux signes l’indiquent, et je suis convaincu qu’une autre étape de croissance nous attend dans quelques centaines d’années. Mais un pas à la fois !

Et en même temps, chaque Être humain est parfait pour accomplir ce qu’il a à accomplir maintenant.

3. Pour toutes les sociétés, le bonheur est une quête vitale. L’idée fait rêver tout le monde. Mais que sait-on du bonheur ? Est-ce qu’il n’est pas devenu une valeur culpabilisante ?

Philippe Garric: Peut-être gagnerions-nous à voir le bonheur comme un état, pas comme une valeur.

Là où j’en suis de mon cheminement, je comprends que ce qui nous rend malheureux, c’est peut-être de confondre la quête du bonheur avec la quête du plaisir.

Le plaisir est une émotion. La vision cartésienne et matérialiste de la société nous invite à conditionner ce plaisir à la possession, au statut social, à l’apparence, à la sexualité, etc. Cette quête est vaine et sans fin. Lorsque le bonheur est associé à quelque chose de matériel, la jouissance, parfois intense, va laisser rapidement la place à un grand vide. C’est un peu comme passer de l’hyperglycémie à l’hypoglycémie.

Et ce processus est entretenu par la société marchande. En effet, lorsque nous pressentons le vide arriver, nous allons nous précipiter pour consommer des biens, des services. Nous allons même consommer des relations nourries d’un amour conditionnel (« Je t’aime quand tu es comme je veux ») et qui vont nous laisser perpétuellement sur notre faim.

Je crois que le bonheur tient davantage à notre capacité à nous relier à notre Être profond. Cette part qui fait de nous des Êtres humains et pas seulement des humains. Cette part de nous qui n’est qu’amour, un amour inconditionnel. Cette part de nous qui sait.

 

Lorsque le bonheur est associé à quelque chose de matériel, la jouissance, parfois intense, va laisser rapidement la place à un grand vide. C’est un peu comme passer de l’hyperglycémie à l’hypoglycémie.

 

4. Par le libre-arbitre, l’homme est apte à diriger lui-même sa destinée, et c’est là sa dignité. Il peut décider de n’être qu’une « bête » ou de s’élever. Entre « estime de soi », « affirmation de soi », comment savoir si l’on est soi-même? Et, entre renoncements, ambitions et inhibitions, comment trouver sa « voie » ?

Philippe Garric: Je crois que nous devrions parler davantage « d’estime de moi » plutôt que « d’estime de soi ».

Les stages de développement personnel invitent les participants à travailler plutôt leur personnalité (le corps mental, le corps émotionnel et le corps physique) pour devenir conformes à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ou que les autres ont d’eux-mêmes. C’est le développement de la part humaine de l’Être humain. Ce que nous appelons l’Ego dans le langage courant. Et cela peut-être une étage de cheminement.

L’estime de soi devrait davantage consister à prendre conscience de cette part divine qui nous anime. D’une certaine manière, nous sommes une étincelle divine (le soi) dans ce véhicule terrestre qui est notre personnalité (le moi).

Une fois que nous en avons pris conscience, nous ne pouvons qu’aimer ce bout de Dieu en nous. Certains rappellent ça l’âme.

Je ne vois là aucune raison de culpabiliser.

J’espère juste que cette vision des choses nous permettra de prendre davantage soin les uns des autres. En quelque sorte, en tant que Dieu, nous avons à prendre soin de tous ces dieux qui m’entourent, car nous sommes tous Un.

5. Notre époque actuelle est une période particulièrement dure dans la destinée de l’Humanité. Dorénavant, la vie terrestre exige de l’homme de modifier, d’adapter son monde s’il veut survivre, notamment en humanisant sa propre nature. Faut-il inventer un nouvel Humanisme ?

Philippe Garric: Il est en train de s’inventer. Des individus de par le monde ou des groupes (par exemple le mouvement Colibri) fonctionnent déjà sur l’idée du bien de l’ensemble.

Ces personnes ont compris l’importance de partager les ressources, l’importance de servir plutôt que de se servir (voir même d’asservir). Par leurs discours, soutenus par leurs actions, ils plantent dans nos esprits l’idée que, pour notre salut à tous, nous ne pouvons plus continuer à être une poignée à jouir de plus que ce dont nous avons besoin au détriment d’une majorité qui n’a pas le nécessaire vital. Et cette idée va germer de plus en plus.

De gré ou de force, nous en viendrons bien à partager davantage les ressources de cette planète. Je n’imagine pas une seule seconde qu’une part de la population puisse posséder assez pour arrêter les vagues de mouvements migratoires de ceux qui n’ont pas suffisamment.

Comme nous ne pouvons pas empêcher ce mouvement, nous pouvons choisir de lui résister ou de l’accompagner.

6. Dans votre roman, vous avez pris le parti d’une « nouvelle conception de l’homme », en mettant en avant des Êtres talentueux et singuliers, et en valorisant leur esprit et leur implication dans le Monde. Est-ce bien là l’objectif de votre centre de formation et d’accompagnement, et de vos interviews? 

Philippe Garric: Ma première intention, que ce soit en formation, en accompagnement, dans mes vidéos et dans mes livres, c’est d’offrir ces précieux cadeaux qui m’ont été transmis par ces magnifiques personnes qu’ont été pour moi, certains formateurs, thérapeutes, coachs, enseignants spirituels ou d’autres quidams.

Je peux ainsi partager avec les autres des connaissances qui peuvent leur permettre de se rendre la vie plus belle comme elles l’ont fait pour moi et à la fois manifester ma gratitude à ceux qui me les ont données.

Ma seconde intention est de contribuer à l’ouverture de la conscience en faisant connaître d’autres pratiques, d’autres savoirs et d’autres visions du monde que celles auxquelles chacun d’entre nous a communément accès. En exerçant notre discernement, nous pouvons ainsi nous forger une opinion et faire des choix de vie plus conscient et conformes à qui nous sommes vraiment.

7. N’est-ce pas là le paradoxe d’une société qui ne s’est jamais autant soucié du bien-être ? 

Philippe Garric: Je ne sais pas s’il y a là un paradoxe. C’est peut-être juste une étape de croissance nécessaire par laquelle nous avons à passer.

Si notre quête est réellement le bien-« Être » (le bien de notre Être), je pense que nous sommes sur le bon chemin. Et peut-être cela nous amènera à nous égarer parfois dans l’expérimentation du bien-« faire » ou du bien-« avoir« . C’est peut-être ça que nous confondons trop souvent avec le bien-être.

 

Vivre notre vrai, c’est accueillir tout ce qui est vivant nous.

 

8. Être heureux se décide et s’apprend, affirment les tenants de la psychologie positive. Et si on arrêtait de vouloir à tout prix être fort, puissant et parfait ? S’assumer faible, triste ou vulnérable, et ne pas le cacher, n’y a-t-il pas là un levier intéressant à saisir quand on veut « étrangler ses démons » ?

Philippe Garric: Si nous voyons le bonheur comme un état, cet état n’exclut pas de vivre parfois de la tristesse, de la peur ou de la colère. Ces émotions sont la manifestation d’un écart entre ce que nous vivons au niveau de notre personnalité (notre part humaine) et les aspirations profondes de notre Être. Ce sont des états d’âme !

Vivre notre vrai, c’est accueillir tout ce qui est vivant nous.

Nous pouvons ensuite nous rendre compte que ces émotions sont véhiculées par le petit vélo de notre mental qui entretient de fausses croyances. Par exemple, j’ai eu dix refus a autant d’entretiens de recrutement et je fonctionne déjà comme si j’allais en recevoir un onzième avant même d’avoir démarré l’entretien. Ce faisant, je me programme de vivre à nouveau cette expérience.

Notre Être sait qu’il n’y a pas lieu de donner prise à ces pensées et que tout ce qui nous arrive n’est qu’une étape de croissance vers du meilleur.

C’est là où nous gagnions à développer de la confiance en soi ou à s’en remettre aux anges ! Pour reprendre le langage des alchimistes, appelé aussi langue des oiseaux, qui servait à cacher le sens véritable des mots, « Confiance en soi » signifie se confier à soi, c’est-à-dire sans remettre à notre Être. Quant à l’ange, il s’agit de « l’en je », ce qui veut dire, encore une fois, s’en remettre à notre Être profond pour nous aider à transformer ce qui doit l’être.

9. Puis-je vous demander quels sont vos futurs projets ?

Philippe Garric: Mettre mon activité davantage encore en ligne avec ma mission de vie et répondre à cette importante question : « Comment s’écrit un deuxième roman initiatique ? »

Merci Philippe !

 

Vous en voulez encore ?

Philippe Garric est l’auteur de La Vie m’accompagne. . ., Comment se rendre la Vie plus belle ?Croyances, mensonges. . . et autres vérités !En quelques mots. . . et co-auteur de Confidences de Coachs – Tome 1.

 

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