Kundalini, la déesse-serpent de l’initiation

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À proprement parler, Kundalini est un autre nom de la terribles déesse hindoue Kali Shakti, la Grande Déesse ou la Mère du Monde, la Force primordiale de la vie ou le Feu latent et potentiel, qui réside dans le Soleil et qui siège dans le centre-racine, la Force latente à diriger et à maîtriser.  Cette fréquence évolutive, électromagnétique, exprime, dans un degré de densification, l’Amour divin ou la communion avec l’Être suprême dans le service désintéressé.  Elle est reliée à la fréquence de l’Énergie vitale cosmique.

Ainsi, Kundalini devient la Fore vitale universelle, le «pranâ», habituellement lovée trois fois sur elle-même, à la base de la colonne vertébrale, en état de sommeil, chez l’être ordinaire, qui ferme de sa bouche le méat urinaire.  Elle s’éveille lorsque le courant négatif et le courant positif ont réussi à nettoyer le canal central de la colonne vertébrale.  Lorsqu’elle se réveille, elle siffle, se raidit, monte successivement dans les chakras jusqu’au dessus de la fontanelle.  Alors, elle exprime la montée de la libido ou la manifestation renouvelée de la vie et elle induit dans l’extase.  En fait, ce mot signifie le «Serpent enroulé et endormi».  Par le recours à des techniques mystiques avérées, sous la surveillance d’un Guide, ce Serpent igné est progressivement activé.  Alors, il en vient à se dresser et à se dérouler dans l’Arbre de Vie, servant, pour ainsi dire, d’ascenseur à la conscience, l’élevant sur les divers plans spirituels, jusque dans la Conscience divine.  On lui donne diversement les noms d’«Arundathi», «Bhujani» et «Devi».

En fait, le mot «Kundalini» appartient à la tradition issue des écritures du Shivaïsme.  Mais il est inutile d’aller aux Indes pour découvrir comment faire monter Divine Kundalini.  Un être ne connaît cette félicité, cette joie indicible, que lorsque la Mère intérieure, logée dans le périnée, décide de monter le long de sa colonne vertébrale.  Un jour ou l’autre, cela arrive à tout Être de Lumière rempli d’idéal et d’aspiration.  Alors, la Sublime Déesse purifie le Sushumna permettant de connaître le but suprême de son existence : la Réalisation personnelle, la Béatitude d’Être parfaite.  Hermès Trismégiste l’appelait : «La Force Forte de toutes les Forces.»

Une fois éveillée, la Kundalini peut se diriger soit vers le haut soit vers le bas.  Si elle se dirige vers le haut, l’être bénéficie d’un plus grand développement spirituel;  mais si elle plonge vers le bas, c’est la chute irrémédiable vers les ténèbres et le gouffre réel de la perdition.  C’est pourquoi les Maîtres ont toujours conseillé d’éviter de chercher à la faire se déployer de force, afin de ne pas l’irriter et de ne pas subir sa morsure venimeuse.  Car, plus puissante que tout le reste qui existe, cette force peut créer ou détruire.  En revanche, il n’y a aucun danger à craindre si c’est un Être réalisé qui vous invite à connaître cette expérience inouïe.  Kundalini ne contient aucune perversion ni aucun trouble en elle-même.  Au contraire, elle dévore les maladies, ne dégageant qu’un pur élixir.  Dans son royaume, il n’existe ni limite, ni pénurie, ni maladie mentale, ni perturbation physique.

Kundalini désigne le Saint-Esprit des Chrétiens.  C’est la raison pour laquelle certains textes la présentent sous la forme du buisson ardent, de langue de feu, du serpent enflammée, caducée de mercure, de l’Arbre de vie illuminé, etc…  Sauf que, avec le temps, des êtres endormis eurent vent du secret.  Avec l’enfoncement dans l’enfermement, il naquit des mouvements, notamment des tantriques ou lamaïques obsédées par le sexe qui en déformèrent la tradition, en pervertirent le culte et en trafiquèrent l’enseignement sublime.  Aujourd’hui, en librairie, on trouve à sa disposition nombre de livres sur le sujet.  Mais il faut savoir qu’aucun d’entre eux n’aidera à éveiller le phénomène, ce qui peut être frustrant, démotivant et désespérant.  Un chercheur peut parvenir à connaître nombre de principes et de lois, mais il parvient difficilement à faire monter la Kundalini.

En fait, Kundalini, c’est le Principe féminin de Dieu, la Mère divine, Adi Shakti, qui crée l’univers et le divinise dans ses moindres parcelles.  Même la terre est divinisée, mais les humains ne le savent pas…  Il existe deux conceptions de Kundalini : chez chacun, l’une se présente dans le monde extérieur, le Microcosme, et l’autre dans le monde intérieur, le Macrocosme.  Elle préexiste à toute quête : il suffit de trouver et de déclencher l’interrupteur pour que le courant passe et circule.  Mais attention, cette force est ombrageuse : qui tente de la forcer à faire son expansion la bloque dans son ascension.  Il faut attendre qu’elle signale son heure.  Mais, le jour où elle s’offre à monter, il faut être prêt, se montrer humble et réceptif.  Car c’est un moment béni, attendu depuis toujours, qui élève dans le Royaume originel.

On peut comparer Kundalini à un câble électrique tressé de nombreux fils et enroulé sur lui-même.  Elle monte en déployant progressivement ses anneaux, traversant en son centre chaque chakra ou centre d’énergie de la colonne vertébrale.  Un chakra qui manque d’expansion réduit sa force parce qu’elle évite de faire du mal.  Mais, avec le temps, elle se déploie comme l’éclair.  Entre-temps, la Mère, pleine d’amour, qui veille sur soi, accompagnant de vie en vie, régénère les chakras, en réparant les dégâts, y éveillant les déités rectrices.  Tant que les chakras sont bloqués, Kundalini ne peut prendre son élan, comme un ascenseur qui monte d’étage en étage.  C’est ce qui arrive dans le cas d’une sexualité débridée, d’abus de drogue et d’alcool.  L’énergie vitale qu’un être dépense dans le plaisir et les activités triviales, il ne la détient plus pour s’élever en conscience.

La pression de Kundalini décroît au fur et à mesure que le Sahasrara s’ouvre. A ce moment, l’être sent circuler une brise fraîche de vibrations divines pénétrantes.  Les sensations peuvent diffèrent d’une personne à l’autre, puisqu’il n’y a pas deux humains de pareils.  N’empêche qu’il s’agit d’un grand moment d’extase.  Pas de souci à se faire, car, lorsque Kundalini s’éveille naturellement, elle prend sa montée en charge pour éviter de produire le moindre mal.   Elle ramène au Père divin, ramenant dans l’Unité de l’Absolu.  Elle apprend qu’un être n’est jamais et n’a jamais été seul, qu’il n’a jamais été séparé, qu’il n’a jamais été limité que par lui-même.  En traversant la fontanelle, elle fait éclater la coquille de l’œuf, d’où l’Enfant intérieur peut renaître à lui-même.  C’est le symbole de l’œuf de Pâques : l’être humain deux fois né sort de sa coquille et ressuscite.  Quel jour de gloire!  L’Homme total apparaît brûlant d’amour, triomphant, radieux.  Dans son élan, Kundalini éveille toute une gamme de pouvoirs et elle tisse nombre d’alliances cosmiques.  Elle met en relation avec la Conscience Universelle, qui se met à exaucer spontanément ses prières.  L’être humain, jusque là limité, devient un intercesseur du genre humain.  Les Anges entonnent un hymne d’allégresse de voir un Être de Lumière se joindre à leur cohorte pour servir Dieu et l’humanité.  L’être humain, tendu vers l’Absolu, fusionne avec lui, devient lui : il entre dans l’Éternité.

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Le Kundalini-yoga compte huit étapes : les observances et l’abstinence;  la purification;  la formation du courage;   le développement de la fermeté;  le développement de l’endurance;  l’atteinte de la subtilité;  l’atteinte de l’évidence directe;  et l’identification à la Source divine dans le vide mental.

Le désir de déclencher l’ascension de Kundalini dans la colonne vertébrale illustre la quête de fusion avec l’Être suprême de l’homme.  Mais son maniement donne lieu à des débordements sans réserve qu’il faut considérer comme un gaspillage inconsidéré de la Force originelle.  La notion d’immortalité qui s’en dégage ne révèle que l’inconscience ou la puérilité.  Pour recevoir l’Esprit, il faut être prêt à bénir la Matière et à assumer sa partie matérielle, son corps, non fuir de façon illusoire dans l’Essence.  Ceux qui veulent agir leur vie, au lieu de passer leur temps, doivent recourir à deux moyens : l’affirmation et l’action.  Il semble qu’autant l’Occident pèche en explorant la Matière au détriment de la quête spirituelle, autant l’Orient erre en explorant l’Esprit au détriment de la quête de survie.

© 2012-14 Bertrand Duhaime (Douraganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde. Publié sur le site www.lavoie-voixdessags.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.   

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