L’Ayurvéda accorde la priorité à la prévention du cancer

Le Dr. Hari Sharma

Ne cherchez pas le mot « cancer » dans les textes ayurvédiques. Vous ne le trouverez pas… simplement parce qu’il n’y figure pas. Est-ce à dire que l’Ayurvéda ignore tout de ce fléau qui touche nos sociétés modernes ? Cette connaissance plusieurs fois millénaire n’a-t-elle pas son mot à dire sur le sujet ? Si l’Ayurvéda ne connaît pas le terme « cancer », en revanche, elle connaît parfaitement les symptômes de toutes ses déclinaisons sous des noms spécifiques tels que Apachi, Gulma, Granthi ou Arbuda. La leucémie par exemple y est décrite sous le terme de Pandu. L’Ayurvéda a les connaissances et l’autorité nécessaires pour donner son point de vue sur cette maladie particulièrement complexe qui touche de plus en plus de personnes. En France, pour la seule année 2012, 355.000 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués, 200.000 chez des hommes et 155.000 chez des femmes. Certes, les statistiques montrent que la mortalité par cancer a diminué au cours des vingt dernières années. Le cancer reste néanmoins la première cause de mortalité chez l’homme, plus touché par le cancer du poumon, du côlon et de la prostate, et la seconde chez la femme, plus touchée par le cancer du sein, du colon et du poumon. Ce qui inquiète le plus les spécialistes, c’est la progression de la maladie. Selon une étude de l’American Cancer Society, les cas de cancer risquent de doubler dans le monde avant 2050, une épidémie qui représente un énorme fardeau pour des systèmes d’assurance-maladie déjà en déficit dans la plupart des pays occidentaux.

Face à cette maladie, la médecine moderne affiche d’indéniables progrès en termes statistiques. Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le traitement du cancer restera un grand défi tant qu’il ne sera pas possible de parler de guérison. La recherche s’active pourtant dans toutes les directions : biochimie, biologie moléculaire, génie génétique, etc. De nombreuses thérapies sont appliquées dans les hôpitaux : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie par interféron, thérapie hormonale, etc. Leurs effets secondaires sont particulièrement handicapants : perte de cheveux, nausées, éruptions cutanées, douleurs du corps, perte de poids, faiblesse, débilité, perte d’appétit, diarrhée, saignements, impuissance, etc. Les cellules mutantes sont bien détruites mais le traitement affecte aussi les cellules saines voisines. Il arrive aussi que la toxicité des médicaments, la chirurgie ablative et les dégâts liés à l’irradiation engendrent de nouveaux cancers ou tout du moins des aggravations. Résultat ? Le taux de survie après cinq ans est estimé à 2,4% des patients atteint de la maladie ! Pas étonnant que le cancer comme son traitement fassent toujours aussi peur.

David Servan Schreiber, auteur du livre Anticancer

Heureusement, en marge des traitements proposés par la médecine occidentale, de nombreuses recherches ont mis en évidence la relation étroite qui existe entre le mode de vie et le cancer. Plusieurs résultats de ces travaux ont servi de point de départ à des démarches alternatives cherchant toutes à guérir ce fléau par des moyens plus naturels et moins violents que ceux de la médecine moderne. Nous avons évoqué récemment le livre « Anticancer » du Dr David Servan Schreiber sur le sujet[1]. Il y aborde le rôle crucial de l’alimentation, de la psychologie et de l’activité physique pour lutter contre la maladie. Une rapide recherche sur Internet donne un aperçu de ces nombreux francs-tireurs de la médecine qui, comme le Dr David Servan Schreiber, ont bravé l’establishment et poursuivi leurs recherches hors des sentiers battus. Rendons hommage au courage de ces hommes d’exception. Trop nombreux pour être cités individuellement, ils ont tous apporté un angle nouveau pour comprendre la complexité de cette maladie et proposer des traitements sans effets secondaires. C’est entre autre le cas du Docteur Gernez et du Professeur Joyeux en France, ou encore du docteur Hammer en Allemagne. Une rapide synthèse de ces innombrables travaux montre une convergence de vue avec les conseils préconisés par l’Ayurvéda, notamment en termes de mode de vie. Les conseils de ces approches alternatives sont nombreux : éviter les excès de sucre, d’alcool, de tabac, d’aliments industriels et de protéines animales. Autres facteurs de risque : le surpoids, le manque d’exercice, le manque d’omega3. A éviter également, les traitements hormonaux, les champs électromagnétiques, l’anxiété et les conflits, etc.

Si ce fléau reste difficile à guérir, c’est à la fois en raison de sa complexité et de sa capacité à se propager rapidement de manière incontrôlable par division cellulaire. Ce mécanisme est pourtant essentiel pour le bon fonctionnement de l’organisme. Il permet à une cellule mature de se diviser en deux cellules filles. En cas d’erreur dans la reproduction génétique, les cellules filles peuvent se dupliquer de manière anarchique. C’est le point de départ de la maladie. La propagation rapide de cellules mutantes peut entrainer la mort en moins de six mois. C’est pourquoi la détection précoce est considérée par la médecine moderne comme un facteur décisif quant à l’issue du traitement. A cet effet, des campagnes de mammographies sont mises en place afin de détecter le cancer du sein auprès des femmes. Cependant, l’efficacité de telles campagnes n’est pas démontrée. Effectuée au Canada, une recherche publiée l’an dernier par le British Medical Journal montre que la mammographie systématique n’a aucun effet positif sur la mortalité par cancer du sein. L’étude a été réalisée sur près de 90 000 femmes âgées de 40 à 59 ans et suivies pendant 25 ans. Elle montre en outre que 22% de faux positifs ont entrainé des traitements inutiles. Autre inconvénient: la mammographie systématique peut produire des cancers chez certaines femmes prédisposées. Le problème prend de telles proportions qu’il conduit parfois à des extrêmes : l’actrice Angélina Jolie s’est fait amputer de ses deux seins afin de prévenir un éventuel cancer du sein. Drôle de conception de la prévention!

La mammographie en question

Et l’Ayurvéda dans tout cela ? Elle donne la priorité à la prévention. « Heyam Dukham Anagatam » dit le dicton sanscrit, en clair, éviter le danger avant qu’il n’arrive. Ce principe est ignoré de la médecine occidentale, focalisée exclusivement sur le traitement et la détection précoce. Dans l’ouvrage “The Answer to Cancer”[2], le Dr. Hari Sharma, scientifique et chercheur au Collège de Médecine de l’Université d’Etat de l’Ohio, co-auteur avec James G. Meade, fait un point complet en matière de prévention du cancer selon l’Ayurvéda Maharishi[3]. « Toutes les données disponibles actuellement suggèrent que la majorité de cancers peuvent être prévenus. 60 à 70% peuvent être évités simplement en mettant en application des changements progressifs du régime alimentaire et du style de vie » explique Hari Sharma, insistant sur le fait que ces changements favorisent la santé et le bien-être général. Dans son livre, il porte son regard de spécialiste de l’Ayurvéda Maharishi sur les apports des recherches scientifiques évoquées plus haut. Les trois facteurs de risque majeur sont à ses yeux le tabac, l’alcool et l’alimentation. Toutes les recherches montrent que la consommation conjuguée d’alcool et de tabac augmente le risque de développer un cancer. Les jeunes femmes qui prennent la pilule et consomment de l’alcool augmentent elles aussi le risque de développer le cancer de sein. Au niveau alimentaire, les nourritures fumées, traitées, marinées, ou carbonisées sont des facteurs à retenir, tout comme le sucre qui affaiblit le système immunitaire et augmente l’insuline, poussant les cellules à se reproduire plus vite, d’où une croissance plus rapide du cancer. Le surpoids est un autre facteur de risque à retenir. L’environnement aussi, pollution, exposition excessive à la lumière du soleil, rayonnements électromagnétiques (Wi-Fi, téléphone mobile), pesticides, carcinogènes chimiques, amiante, arsenic…

Le livre du Dr. Hari Sharma

Pour le Dr Hari Sharma, la prévention selon l’Ayurvéda Maharishi permet de se concentrer sur le bien être et l’immunité et ainsi barrer la route au cancer et à de nombreuses autres maladies par des étapes douces qui tranchent par rapport aux effets violents de la chimiothérapie, des rayonnements ou de la chirurgie. Les principes de cette prévention sont simples et ont déjà fait l’objet d’articles spécifiques sur ce blog. Au niveau du régime, l’alimentation doit être adaptée à la constitution de la personne en termes de Vata, Pitta et Kapha. Elle doit respecter la règle des six goûts et utiliser des épices favorables comme le curcuma, le poivre et le gingembre. Les aliments doivent être frais et de qualité biologique. Il faut veiller à renforcer le pouvoir digestif afin d’éviter l’accumulation d’ama. Il est conseillé en outre de réduire, voire d’éradiquer la consommation de sucre. Le livre du Dr Hari Sharma détaille les composants d’un régime sain, ainsi que les nourritures à éviter  et celles qui ne devraient pas être consommées en même temps. Il est important que les toxines soient éliminées du corps, au besoin par un Panchakarma.

Au niveau de l’immunité, elle peut être renforcée par de simples changements du style de vie : se coucher tôt, éviter de se fatiguer, pratiquer un massage quotidien à l’huile de sésame, favoriser les émotions positives, et bien entendu éviter de fumer, de boire de l’alcool et des excitants (café par exemple) ou de s’exposer aux polluants environnementaux. Pour faciliter ces changements, plusieurs stratégies et préparations ayurvédiques sont proposées afin de renforcer la digestion, d’améliorer le sommeil ou d’augmenter l’immunité. Dans cette perspective, le rôle de la paix mentale ne doit pas être sous-estimé. L’Ayurvéda Maharishi préconise la pratique de la médiation transcendantale.

 

Le livre du Dr Hari Sharma fournit ainsi un ensemble intégré de stratégies pour le bien être de l’esprit, du corps, des sens et de l’environnement inspirées de l’Ayurvéda Maharishi. La pratique de la méditation transcendantale y tient une place centrale. La recherche montre en effet un taux réduit de cancer chez les méditants. Des chercheurs de l’hôpital Infanta Cristina en Espagne[4] ont montré que cette technique renforce directement le système immunitaire en influant sur la quantité de cellules immunitaires. Ils ont mesuré à cet effet différents sous-ensembles de leucocytes et de lymphocytes – les cellules du sang qui aident à lutter contre les virus et les bactéries – sur un groupe de 19 personnes pratiquant la méditation transcendantale et les ont comparés à ceux de 16 sujets sains de contrôle. Résultat : ils ont constaté une différence significative du taux de cellules immunitaires entre les deux groupes. Parallèlement, les recommandations traditionnelles en termes de Rasayanas comme le Maharishi Triphala favorisent le bien être du corps en renforçant la digestion, l’élimination et la désintoxication. Le sommeil et les exercices de yoga et de pranayama (respiration) comptent également. Au niveau des sens, l’Ayurvéda Maharishi recommande un fonctionnement équilibré de chacun des cinq sens, facilité par un bon sommeil et le repos mental de la méditation. Il est ainsi conseillé d’éviter de regarder des scènes violentes à la télévision, de ne pas participer aux  bavardages et aux critiques d’autrui ou encore de ne pas sentir des odeurs fétides ou désagréables. L’Aromathérapie Maharishi propose l’usage de certaines huiles essentielles toujours dans l’optique de favoriser le bien être et prévenir la maladie. Autre point important aux yeux de l’Ayurvéda Maharishi, celui d’un environnement sain, que ce soit  l’environnement proche ou l’environnement lointain. L’environnement proche se rapporte au lieu de vie qui doit idéalement respecter les règles d’architecture du Vastu Shastra (également connu en tant que Sthapatya Véda). L’environnement lointain adresse plus spécifiquement l’effet des planètes examiné selon l’Astrologie Védique.

L'Amrit Kalash Maharishi

Parmi les Rasayanas recommandés, le Maharishi Amrit Kalash occupe une place centrale. Ce mélange de plantes originaires des forêts de l’Inde, riche en vitamines C et E, en bêta-carotène, en polyphénols, en bioflavonoïdes et en riboflavine, est un très puissant antioxydant qui stimule le système immunitaire, protège le système cardio-vasculaire, aide l’organisme à combattre le cancer et le protège des effets secondaires de la chimiothérapie. Après une stimulation par un antigène, le Dr Hari Sharma a constaté que les cellules immunitaires produisent deux à quatre fois plus d’anticorps lorsque le sujet prend de l’Amrit Kalash[5]. Quand les cellules immunitaires sont stimulées, elles produisent davantage d’interleukine-2 qui combattent les virus et les tumeurs. Une autre étude réalisée par le Dr Ryoichi de l’université de Gifu au Japon a montré sur des animaux de laboratoire que l’Amrit Kalash stimule l’immunité en renforçant la réactivité des lymphocytes[6].

Une étude a évalué l’efficacité de l’Amrit Kalash dans la réduction des effets toxiques de chimiothérapies de cancers du sein et gastro-intestinaux[7]. Elle a été réalisée au « All India Institute of Medical Science ». 92 patientes atteintes d’un cancer du sein et suivant une chimiothérapie ont été recrutées. 44 d’entre elles ont reçu, de façon aléatoire pendant six mois, l’Amrit Kalash, tandis que 48 autres n’ont reçu qu’un placebo. Les résultats ont montré que l’Amrit Kalash réduisait significativement la perte d’appétit, la perte de poids, les vomissements et entraînait un meilleur niveau de bien être. Une autre étude a porté sur le traitement par chimiothérapie de 62 patients atteints de différents types de cancer. Elle a montré là encore que l’Amrit Kalash diminue efficacement les effets secondaires associés à la chimiothérapie. Chez les patients ayant reçu la préparation, on a constaté une réduction de la toxicité hématologique, des vomissements et des diarrhées, une amélioration du sommeil, du poids et de la sensation de bien-être général.

L'Ashwaganda a aussi des vertus anticancer

Bien sûr, l’Ayurvéda ne s’arrête pas à prévenir le cancer. Elle propose aussi différentes stratégies thérapeutiques pour le combatte. Cependant, la plupart ne sont disponibles qu’en Inde dans des centres spécialisés. Le reportage « Mon docteur Indien » diffusé à plusieurs reprises sur Arte en donne un aperçu. Il y est fait mention de plantes ayurvédiques capables de détruire les tumeurs. Notons que plusieurs ont fait l’objet de recherches préliminaires par la science moderne. C’est le cas de l’Ashwagandha, alias Withania somnifera. Des chercheurs américains ont constaté  que cette plante arrête la croissance de certains types de cellules du cancer du sein. Une étude indienne datant de 2011 a constaté des effets similaires avec Sanjeevani, selaginella bryopteris, plante largement citée dans l’épopée du Ramayana. Même constat avec la gomme-résine de Boswellia Serrata, le mangoustan ou encore la grenade.

 

Jo Cohen

Source: http://la-voie-de-l-ayurveda.com/layurveda-accorde-la-priorite-a-la-prevention-du-cancer/

 

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