La face sombre du sucre blanc

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Douceurs empoisonnées

Par Imane Lahlou, N.D., Ph.D.

Le sucre…tout le monde en parle ! Si sa douceur flatte le palais, le sucre est désormais un ennemi public. Comment se défaire de cette dépendance, alors que plus de 60% des produits transformés contiennent du sucre !

La face sombre du sucre blanc

Le sucre blanc est obtenu à partir du jus de canne ou de betterave. Le jus neutralisé, chauffé, décoloré, filtré, recoloré donne naissance aux cristaux de saccharose. Pour assimiler ce sucre raffiné dépourvu de ses vitamines, minéraux et oligoéléments, l’organisme puise dans ses réserves minérales.

La consommation excessive de sucre est par conséquent une des principales causes de l’acidification, de l’ostéoporose et de la carie dentaire. L’absence de fibre entraîne une augmentation rapide du taux de sucre dans le sang (i.e. indice glycémique – du saccharose est de 100) suivie d’une chute de la glycémie. Cette chute génère une envie irrésistible de sucre. La collation sucrée calme momentanément estomac, esprit, stress et émotion…mais déclenche à long terme une accoutumance qui sera à l’origine de l’hypoglycémie, du diabète, de l’obésité, de l’anxiété, des migraines ou de l’hyperactivité. Le sucre affecte également le système immunitaire puisqu’il nourrit la flore intestinale pathogène et affaiblit le système leucocytaire. Savez-vous qu’en temps normal un leucocyte neutralise 14 bactéries. Après la consommation de 6 cuillères à thé de sucre, il n’avale plus que 10 bactéries; 5,5 bactéries après 12 cuillères à thé; 2 bactéries après 18 cuillères à thé; après 24 cuillères à thé (un biscuit et un banana split), le leucocyte est quasi-inactif. Pensez-y lorsque vous êtes fatigués ou malade…vous n’aidez pas votre système immunitaire en mangeant un muffin, un yogourt sucré, des bonbons pour la gorge, du sirop hyper sucré, etc.

À la recherche des sucres cachés

Selon les statistiques, la consommation de sucre blanc en poudre (café, thé, etc.) a diminué au cours des 40 dernières années alors que les produits transformés sucrés occupent désormais une place privilégiée dans les rayons de nos supermarchés. Au Québec, de 1986 à 2001 on note une croissance de 30% pour les boissons gazeuses, 48% pour le chocolat, 100% pour les friandises et 159% pour les boissons aux fruits ! Si la consommation de sucre en poudre dans les foyers et les restaurants a diminué, c’est parce que l’industrie alimentaire a introduit les sucres de synthèse (Ex. aspartame et acésulfame de potassium) permettant d’obtenir des produits sucrés dépourvus de calorie. Des produits – allégés – faibles en sucre et riches en poison !

En plus du saccharose, les produits transformés contiennent souvent du fructose, du sirop de maïs, du maltose, du sirop de glucose, etc. Généralement, les produits se terminant par –ose sont des sucres. A titre d’exemple sachez que le sirop de glucose est obtenu à partir de la fécule d’amidon traitée à l’acide sulfurique à haute température. L’amidon se transforme en dextrine puis en glucose. L’adjonction de carbonate de calcium permet par la suite d’éliminer l’acide sulfurique…Appétissant n’est ce pas ? Évitez le sirop de maïs qui en plus d’être raffiné est souvent issu de culture transgénique. La mélasse est un sous-produit du raffinage du saccharose. Elle est dépourvue de fibre et concentrée en minéraux et en pesticides. La cassonade ou sucre roux n’est autre que du sucre blanc coloré de mélasse. Même si le fructose est issu des fruits, il perd toute sa valeur nutritive lorsqu’il est raffiné. Quant aux polyols (Ex. sorbitol et mannitol) que vous retrouvez principalement dans les confiseries, les médicaments et les chewing-gums, ils sont produits le plus souvent industriellement par hydrogénation catalytique de divers sucres.

Sucré au naturel

Dans le cas des boissons, comme le thé, le café ou la tisane, il est préférable de diminuer puis d’enlever complètement toute saveur sucrée afin de permettre à votre métabolisme de se défaire petit à petit de cette dépendance. Quant aux desserts maison, vous pouvez substituer le sucre blanc par du miel, du sirop d’érable, du stévia, du sucre intégral, de la confiture, des bananes mûres, des fruits de saisons, des dattes fraîches, des fruits séchés (raisins secs, abricots, des figues), des compotes de fruits ou du jus de raisin.

•  Le miel est un mélange complexe de fructose (40%), glucose (30%), maltose (6%), de saccharose (5%), d’eau, d’acides organiques, d’oligo-éléments vitaminés et de minéraux. Le miel est reconnu depuis des millénaires pour ses vertus médicinales. C’est un excellent tonique, sédatif, antifongique et antibiotique. Sa haute teneur en potassium contribue à l’équilibre alcalin du corps. Choisissez du miel non pasteurisé. Laissez vous tenter par les différentes saveurs disponibles au Musée de l’abeille.

•  Le sirop d’érable peut être privilégié par les québécois étant donné qu’il est toujours préférable de consommer des produits de notre région. Le sirop d’érable contient essentiellement du saccharose (64,8%), de l’eau (34,54%), des minéraux et des acides organiques. Choisissez des produits biologiques. Encouragez les producteurs locaux en achetant votre sirop d’érable dans les érablières.

•  Le Stevia est une plante originaire de la vallée de Rio Monday dans le nord-est du Paraguay. La présence de glycosides (Stevioside, Rebaudioside et Dulcoside) lui confère un pouvoir sucrant intense (15 fois supérieur au sucre de table). Elle est particulièrement adaptée aux diabétiques puisqu’elle n’entraîne pas une élévation de la glycémie. Elle est disponible en poudre et sous forme liquide (meilleur goût).

•  Le sucre intégral est du pur jus de canne à sucre, non chauffé et non raffiné. Le jus est simplement filtré puis concassé. Le sucre intégral contient 1700 mg de minéraux pour 100g de sucre versus 380g pour le sucre brun et 40g pour le sucre blanc. Outre le potassium (850 mg /100g), le magnésium (140 mg/100g), le calcium (110 mg/100g), le phosphore (47 mg/100g) et le fer (4 mg/100g), le sucre intégral contient les vitamines nécessaires à son assimilation. La présence de minéraux ne justifie pas la consommation de sucre complet comme une source de minéraux ! Ces données vous permettent seulement de comprendre pourquoi le sucre complet ne déminéralise pas l’organisme.

•  Une confiture composée de fruits et de jus de raisin (Ex Dalfour ou Natura) pour vos recettes de muffins, galettes ou gâteau

Cap ou pas cap ?

Oui, vous êtes capable de mettre fin à la sucromanie ! Comment ?

•  La première étape consiste à apportez des changements dans vos trois principaux repas. Un déjeuner solide et stimulant composé d’une bonne source de protéine (yaourt, œufs de ferme, fromage blanc, fromage cottage, lait de soya sans sucre), de fruits (fibres, vitamines, minéraux, enzymes et antioxydants), de céréales complètes non raffinées (bons sucres, fibre) et de bon gras (beurre d’amande, noix etc.) vous procurera énergie et vitalité et supprimera le coup de pompe de 11h. Si vous êtes amateur de café, essayez de vous limiter à une tasse. Pour les collations, optez pour la combinaison fruit / yaourt, fruits / noix, fromage blanc / crudités. Ajoutez des graines de lin dans vos yaourt et fromage blanc pour ralentir l’absorption des sucres. Le dîner et le souper doivent comporter une bonne portion de légumes, des protéines de haute qualité, des bons sucres et des bon gras. Buvez entre les repas ! Le signal de la soif est souvent confondu avec le signal de la faim. Incorporez du jus de raisin blanc à votre eau (1 tiers de jus 100% naturel maximum) pour éviter les phases d’hypoglycémie.

•  La deuxième étape consiste à supprimez progressivement les sucres visibles : sodas, lait aromatisés, jus de fruits, friandises et pâtisseries industrielles.

•  La troisième étape (la plus difficile !) consiste à supprimer les sucres cachés ! Pour cela vous devez vous armez de patience et lire attentivement les étiquettes. Le plus simple – et le plus sain – est de supprimer progressivement les aliments transformés. Pour cela, vous devez semer du plaisir dans vos menus en préparant vos repas !

À table

Muesli au miel

3 tasses de flocons d’épeautre

1 ½ noix de coco râpé

1 tasse d’amandes effilées

¼ tasse graines de lin

½ tasse graines de tournesol

1 tasse de miel

¼ tasse d’huile de pépin de raisin

Recette muffin dattes et orange

½ tasse de jus d’orange frais

1 orange

½ tasse de dattes

1 œuf

½ tasse d’huile de pépin de raisin

1 tasse ½ de farine d’épeautre ou de kamut

2 c. thé de poudre à pâte sans aluminium

Préchauffer le four à 400°F

Passer au mélangeur l’orange coupé en 4, le jus d’orange et des dattes dénoyautées

Ajouter l’œuf et l’huile et mélangez le tout jusqu’à consistance liquide

Mélangez les ingrédients secs

Ajouter le mélange liquide et mélanger légèrement

Cuire dans un moule à muffin pendant 15 à 20 minutes

Mélangez tous les ingrédients et mettre au four à 350 ° sur une plaque à biscuit. Retournez pour faire griller des deux côtés. Rajoutez 1 tasse de raisin lorsque le mélange est froid.

Dégustez vos Muesli avec du lait d’amande ou saupoudrez votre yaourt de ce délicieux mélange ! Bon Appétit.

– L’index glycémique (IG) permet de classer les aliments en fonction de l’élévation du taux de glucose dans le sang. L’aliment est considéré « hyperglycémiant », quand l’index glycémique est supérieur à 50.

Par Imane Lahlou, N.D., Ph.D. – InfoNaturel.ca – produits naturels – 10 novembre 2008 Consultez mon profil pour plus d’ information..

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