Qu’est ce que méditer ?

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En Occident, le terme « méditer » s’apparente traditionnellement à un exercice intellectuel.

Le calme et la concentration nous aident à manipuler des objets mentaux, qu’il s’agisse d’idées, de mots, de chiffres ou des souvenirs, afin de les mettre en perspective, de les confronter et de les étendre, pour aboutir à un résultat : un nouveau concept ou une part de vérité que l’on sera en mesure d’exprimer, de partager ou de démontrer.

L’étymologie même du verbe « méditer » renvoie au latin « meditari », qui signifie « réfléchir », rappelant ainsi une tradition philosophique millénaire, où l’esprit s’exprime à travers le travail d’une conscience réfléchie.
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Dans la voie du Bouddha, méditer possède un sens différent.

Il est toujours question de calme, de concentration et d’esprit, mais le calme et la concentration permettent, dans cette tradition, d’accéder à une expérience de connaissance pure, directe et non-
En laissant reposer toute notre agitation intérieure et en ne limitant pas notre conscience aux seuls concepts, émerge spontanément en nous une ouverture naturelle, une clarté intérieure, qui nous permet de devenir parfaitement lucides sur la nature même de la réalité.conceptuelle.

Tout ça, c’est bien joli, mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’il est possible d’avoir une connaissance directe des choses et des situations, sans forcément avoir à les conceptualiser.

Un exemple tout simple pourrait être une situation de la vie courante où quelqu’un vous marche sur les pieds par inadvertance.

Si ce jour-là vous êtes d’humeur vindicative, vous allez commencer une altercation avec cette personne qui pourra très bien finir d’une manière violente, vous plongeant dans tout un tas de complications. A l’inverse, si à ce moment précis, vous faites preuve d’attention et d’un esprit ouvert, la colère que ne vous ne manquerez pas de ressentir à cause de l’injuste douleur éprouvée, sera immédiatement désamorcée, et rien de bien méchant n’arrivera. La vie continuera pacifiquement… voire même, qui sait, grâce à un sourire, vous pourriez même lier amitié avec la personne qui vous a marché sur les pieds !

Cet espace de conscience très vif et très clair que vous aurez éprouvé un bref instant, celui qui vous aura permis de réaliser sans aucun doute possible que la colère que vous étiez en train de ressentir était une émotion inutile, et bien cet espace de conscience correspond à ce que les maîtres bouddhistes appellent une expression de la nature fondamentale de notre esprit. Il s’agit d’un moment de sagesse pure. Pas besoin d’intellect, pas besoin de réflexion, c’est immédiat et très direct : on sait tout de suite ce qu’il convient de faire… et c’est bénéfique !

Méditer revient ainsi à créer des espaces de respiration et d’ouverture au sein de notre existence, afin de rendre de plus en plus fréquents, profonds et spontanés, l’apparition de ces moments de sagesse pure.
DEVENIR FAMILIER AVEC SON PROPRE ESPRIT

Durant nos moments de méditation, par le simple fait d’être attentif aux mouvements de notre esprit, sans rien chercher d’autre, on se familiarise peu à peu avec tout ce qui se passe à l’intérieur de nous-même : comment opèrent nos tensions, nos obsessions ou nos peurs. Et en comprenant comment elles fonctionnent, alors, peu à peu, on s’en libère.

Mais pour s’en libérer, il faut procéder avec tact et patience. En tibétain, méditer se dit « gom », ce qui signifie s’habituer. S’habituer à son propre esprit, à ses caractéristiques, se familiariser avec le fonctionnement de cet inconnu qu’est notre esprit. Il n’y a rien à forcer, rien à vouloir, rien à cadrer. Il faut juste prendre contact avec soi-même et observer tranquillement l’évolution de son espace intérieur.

Grâce à cette familiarisation et à cette libération progressive, nous devenons naturellement de moins en moins rigides, de moins en moins sur la défensive. Cela nous rend prêts à accueillir tout ce qui arrive avec bienveillance. Alors, quand apparaîtront dans nos vies courantes des situations difficiles, nous serons prêts à les aborder avec tout le calme et la distance nécessaire : « Ah colère, je t’ai bien reconnue ! Tu ne feras pas de moi ton esclave ! ».

Nous devenons ainsi capable d’apprendre de nos erreurs, de nos défauts, de nos souffrances, tout comme un enfant qui ne se laisse pas deux fois brûler les doigts sur le poêle, à partir du moment où il a compris ce qui était précisément à l’origine de sa douleur. Et c’est là le point important, pour comprendre l’origine de la douleur, il faut justement oublier un instant la douleur, pour mieux être attentif à son mécanisme.

C’est de cette façon que s’épanouit le chemin de la méditation : relâcher la saisie pour cultiver l’attention.

Source: Union Bouddhiste de France /Extrait de « Festival pour la paix 2013 »

 

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